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Comment parler de la haine aujourd’hui ? Il me semble devoir - d’entrée de jeu - poser cette question qui se présente à nous comme située dans la continuité logique d’une recherche qui m’a amené à interroger par le passé l’« Au-delà du principe de plaisir », l’intraitabilité passionnelle et la cruauté mélancolique. A ce titre, j’ai tendance à considérer la haine comme l’accomplissement d’une ultime rupture dans l’existence du sujet capable de cancériser littéralement ce qui fonde son rapport à lui-même et à l’autre. Mais comment la haine - un affect éprouvé - a-t-elle fait perdre au verbe avoir tout sens de possession ? Avoir non plus de la haine, mais la haine, comme on peut avoir soif ou faim, ne suppose-t-il pas que cet affect relève désormais autant de la pulsion que de la passion ? Autant de questions que je souhaite mettre au travail en considérant d’abord que la haine est un sentiment qui relève aussi bien de l’exécration que de l’acte de destruction. Mais cette destruction est sans finalité logique, sans but. Aveugle, elle abolit les bords, les limites, les frontières qui séparent le juste et l’injuste, le bien et le mal : elle est un débordement. « Je hais un seul », mais ce « un seul » a pour nom légion : ce « un seul » va accaparer toute la surface du miroir qui ne cesse de refléter l’obscurité opaque d’une image devenue énigmatique, impossible à identifier, débordant les limites mêmes du cadre pour occuper tout l’espace dans le mouvement de destruction qui le porte. Georges Gougenheim , en voulant définir le terme de haine, le réfère d’abord à la langue religieuse des Anciens qui distingue « détester » d’« exécrer ». Il rappelle que le verbe latin detestari, dérivé de testis « témoin », signifie « écarter (une menace, un danger) en prenant les dieux à témoins » ; d’où détester qui voudrait dire « écarter en proférant des imprécations... maudire ». « Détester s’étend donc au sentiment d’horreur que des personnes ou des choses peuvent inspirer. Il se rapproche par là de haïr, mais il semble moins fort, et surtout il peut se dire de spectacles, de lectures, de mets pour lesquels on n’éprouve aucune haine, mais seulement un manque d’intérêt... » « (Mais) ...haïr, ajoute Georges Gougenheim, est un verbe sans nuances ». En effet, quand ce mot s’impose au sujet, il efface tout autre mot de la langue. Sa prégnance est massive, lorsque la seule vue de l’autre provoque cet affect ravageant qui fait sauter les limites et place le funeste objet en position de dieu ou de démon. Cette démarche, qui relève d’un certain manichéisme, se supporte de cette interrogation insue : « Comment cet être haï ose-t-il me regarder ? » Question qui suscite la conviction que quel que soit le regard que cet être porte sur moi, sur ce moi dévoré par la haine, il ne peut que déclencher que des mécanismes de rejet absolu. Pour tenter de répondre à cette question, il nous faut faire un détour par le Séminaire Encore . A quelques pages d’intervalle, Lacan énonce deux propositions qui, une fois reliées, peuvent éclairer la question de la haine sous un angle qui nous semble des plus féconds. Relevant dans le chapitre « Une lettre d’amour » que dieu pour Empédocle est le plus ignorant de tous les êtres de ne point connaître la haine, Lacan affirme que « les chrétiens ont transformé cette non-haine de Dieu en une marque d’amour. C’est là que l’analyse nous incite à ce rappel qu’on ne connaît point d’amour sans haine. » Réflexion qui pourrait paraître d’une grande banalité si Lacan n’ajoutait pas que c’est « l’être (qui) comme tel provoque de la haine ». Evoque-t-il à cette occasion la haine que nous éprouvons à l’endroit de ce qui semble constamment se référer à l’« être-objet-du-désir-de-la-mère » ? De quel être, non point haïssable mais susceptible de provoquer chez le sujet la haine, Lacan parle-t-il ? Est-ce celui qui se présente comme tout entier objet du désir du premier Autre (la mère) ? Sans doute, surtout si l’on veut bien considérer qu’à cet endroit Lacan semble faire subir à cette question une torsion qui nous semble d’une importance considérable, en rappelant que dans le judaïsme « la coupure [ne] passe pas du plus parfait au moins parfait. Le moins parfait y est tout simplement ce qu’il est, à savoir radicalement imparfait, et il n’y a strictement qu’à obéir au doigt et à l’œil à celui qui porte le nom de Jahvé, avec d’ailleurs quelques autres noms dans l’entourage. Celui-ci a fait choix de son peuple, et il n’y a pas à aller contre. Est-ce que là ne se dénude pas que c’est bien mieux que de l’être-haïr, de le trahir à l’occasion, et c’est ce dont, bien évidemment, les Juifs ne se sont pas privés. Ils ne pouvaient pas en sortir autrement. Nous en sommes, sur ce sujet de la haine, si étouffés, que personne ne s’aperçoit qu’une haine, une haine solide, ça s’adresse à l’être, à l’être même de quelqu’un qui n’est pas forcément Dieu. » Nous reviendrons sur cette proposition. Elle nous fait mesurer combien l’amour pâtit de l’irruption chez le sujet de la question de l’être, de cet « être qui n’est pas forcément Dieu ». Ainsi l’homme qui est pris dans la prétention inouïe de prêter à la femme le désir de « le confondre avec Dieu, c’est-à-dire ce dont il jouit » peut en un temps second, en ce temps où il recule horrifié devant la jouissance de la femme, en rabattre sur cet être dont il portait le masque au risque de moins aimer. A cet ensemble amour/haine-être, un troisième élément me semble devoir être adjoint : celui du savoir. « Celui à qui je suppose le savoir, je l’aime. Tout à l’heure, vous m’avez vu flotter, reculer, hésiter à verser d’un sens ou de l’autre, du côté de l’amour ou de ce qu’on appelle la haine, lorsque je vous invitais de façon pressante à prendre part à une lecture dont la pointe est fait expressément pour me déconsidérer - ce qui n’est certes pas devant quoi peut reculer quelqu’un qui ne parle en somme que de la dé-sidération, et qui ne vise rien d’autre. C’est que, là où cette pointe paraît aux auteurs soutenable, c’est justement d’une dé-supposition de mon savoir. Si j’ai dit qu’ils me haïssent, c’est qu’ils me dé-supposent le savoir . » Notons que Lacan n’a pas dit à cet endroit « celui à qui je prête le savoir je l’aime », pas plus qu’il n’a dit « celui à qui je reconnais le savoir », et encore moins « à celui qui sait »... Il énonce bien qu’il s’agit d’un « supposé », à remplacer dans la logique même du propos lacanien autour du terme Sujet-Supposé-Savoir. Ce Sujet-Supposé-Savoir ne peut pas être incarné par un analyste ; il serait constitué, dès la formulation de la première demande d’une analyse, comme une part distraite à l’analysant et à l’analyste ; il se constituerait en un lieu à partir duquel l’oreille qui écoute et la bouche qui énonce viendraient lester le propos tenu d’un savoir supposé. Dé-supposer quelqu’un de son savoir, n’est-ce pas cesser de le constituer en lieu tiers, destinataire du discours, d’un lieu qui à son tour serait comme un point de départ pour une parole énonçable et audible ? Cette proposition éclaire, selon nous, celle de Lacan concernant l’être-haïr des Juifs. Il est évident que le récit dit biblique est une longue histoire de « trahisons » et « d’être-haïr ». En effet, les Juifs n’ont-ils pas eu d’autre choix que de haïr ce Dieu, absolument transcendant, qui fait du Juif un être absolument imparfait ? Aucun point commun, aucune incarnation ne viennent temporiser cette absence d’une pensée d’un lieu commun. Si le chrétien a à sa disposition un dieu réputé avoir pris sur lui-même la haine des hautres en s’incarnant, si on l’en glorifie, c’est qu’il est « tout entier amour ». Aussi, en distrayant cette part dite « objet de haine » et en l’incluant dans le même temps dans la constitution d’un Dieu trinitaire, le chrétien va-t-il renforcer ce parti pris d’ignorance à l’endroit même de cet affect dont il tend à dénier l’existence : la haine. Aussi sera-t-il réputé étranger à la haine sous prétexte qu’il adore une divinité qui a témoigné de son amour suprême en s’incarnant et en envoyant son fils, part prélevée de son tout-amour, sauver l’humanité, la sauver surtout de la haine. Pourtant pour consister, le peuple chrétien devra témoigner de la haine, haine flottante, ex-pulsée vers ceux qui ne croient pas en son Dieu d’amour. Aussi lui faudra-t-il parfois tuer tous les hérétiques, les schismatiques - sans haine, presque avec amour - puisque Dieu saura toujours reconnaître les siens. Pourtant, les chrétiens, qui se sentent toujours imparfaits face au Christ, ont un recours auquel les Juifs ne peuvent accéder. Ils peuvent s’identifier au Christ. Cette identification pourrait ne relever que de l’incantation. Or, il n’en est rien. Elle tire sa consistance d’un rituel précis, celui de la communion. L’identification du chrétien à la deuxième personne de la Trinité procède de l’identification primordiale, symbolique, celle dite par incorporation du Père que le fidèle adepte de la religion du Christ va déplacer au profit du Fils . Reste que cette forme d’identification est au principe d’un amour inhumain situé à l’articulation même de la mort et de la vie . Elle introduit à une proximité incomparable avec le divin, tout en maintenant une dissymétrie essentielle entre celui qui s’offre à l’identification par incorporation et celui ou celle qui s’identifie. L’articulation de l’amour et du savoir est en ce cas - c’est un lieu commun - représentée par le corps souffrant du Christ Rédempteur. Celui-ci, lors des grandes exactions, des grands massacres que furent les croisades contre les Albigeois ou contre les Sarrasins, aurait occupé la place du semblant d’être, transmutation du Fils dans le goal inatteignable d’un désir où viendrait se consommer l’amour. En effet, le savoir suppose une mort première fondatrice, un deuil, l’inscription du signifiant deuil comme temps fondateur de l’amour. L’imaginarisation du « Fils crucifié » serait alors une manière de mettre en scène ce défaut dans l’amour qui trace les contours du signifiant haine constamment considéré comme scandaleux dans le monde chrétien. En regard, le Juif, lui, n’est pas « plus ou moins parfait » mais toujours imparfait face à la perfection divine à laquelle il ne peut en aucun cas s’identifier. Situation impossible qui a amené le courant mystique à théoriser l’acte de création comme la construction d’un lieu d’où se supporteraient l’amour et le savoir au prix d’une amputation effectuée au sein de cette totalité et de cette perfection absolue que représenterait le divin qui ne demeure pas moins inconnaissable, c’est-à-dire expulsé du savoir humain . Dès lors, comment atteindre cette perfection dans la transcendance sinon en mettant en jeu cet être-haïr. L’introduction de ce semblant d’être - devenu littéralement une cause de désir - à l’endroit même d’un haïr susceptible de faire exister la colère de Dieu a des prolongements insoupçonnés : les manifestations terrifiantes de cette colère vont représenter pour les théologiens la preuve même de son existence ; aussi, la réplique coléreuse à la haine et à la trahison du croyant offre-t-elle paradoxalement un soulagement : Dieu se manifeste enfin comme un être par sa colère ou l’absence de celle-ci aux moments cruciaux de l’existence du peuple qu’il a élu. Faire exister Dieu dans sa violence, faire consister Dieu en le trahissant (ou en le haïssant), tel est le pari que les Juifs n’ont cessé de soutenir leur existence durant... jusqu’à ce qu’ils décident que, pour eux, Dieu s’est retiré de l’histoire. Selon cette même tradition, la présence réelle de Dieu parmi le peuple qu’il a choisi, s’est imaginarisée spectaculairement dans le Temple, détruit une première fois à cause des péchés, des errements et de la fréquentation de dieux étrangers par les Juifs, puis une deuxième fois, alors que l’« idolâtrie » avait pratiquement disparu chez les Juifs et que les écoles rabbiniques prospéraient. Les théologiens se posèrent - dès le IIe siècle de l’ère chrétienne - la question de savoir ce qui avait été au principe de cette destruction. Une hypothèse s’imposa rapidement : ce serait l’immense haine gratuite (sinaat hinam) régnant entre les différentes écoles talmudiques et à l’intérieur même de chacune d’entre elles qui aurait provoqué la destruction du IIe Sanctuaire. Le terme gratuite attire notre attention. Il donnerait à penser qu’il existerait une haine qui ne serait pas gratuite, et que la haine gratuite se trompe de destinataire. Elle s’adresse au prochain que nous sommes censé aimer comme nous-mêmes, ce prochain que Lacan a référé à la Chose et qui, nous le savons depuis Freud, n’est en rien aimable. Aussi pouvons-nous émettre en une douce-amère fantaisie, l’hypothèse que les Juifs ont été punis de leur ferveur, punis aussi de se haïr entre eux plutôt que de haïr le Transcendant absolu.

Sur ces prémisses, nous pouvons émettre l’hypothèse qu’identification impossible/haine, savoir/amour, part distraite/absence de lieu commun forment un ensemble qui permet d’interroger le signifiant haine. Enfin, si nous admettons que la haine comme affect fait perdre au sujet tout sens de la possession, quel objet (cause de son désir) poursuit celui qui a la haine ? Cet objet est-il un semblant d’être, ou bien la haine n’est-elle pas une tentative de susciter du désir à là où une identification s’avère impossible ? En d’autres termes, si l’amour est un lien de sentiment qui procède du lien social, qu’en est-il de la haine et de la fracture qu’il suppose ? Car telle est la question qu’à l’heure actuelle nous sommes constamment confrontés : la haine fait-elle lien au même titre que l’amour ? Dans les banlieues perdues (« ou en d’autres lieux plus policés ») où on a la haine, cette haine pour les flics, les contrôleurs de bus, les professeurs a-t-elle pour effet de créer des liens ? Y a-t-il une politique qui dicterait cet « avoir la haine » comme l’on disait par exemple qu’il y avait la nécessité d’être habité par la haine de classe ? Pour ma part, je ferai l’hypothèse suivante : l’éclipse du politique et des organisations susceptibles de prendre en charge la vie sociale promeut la haine, l’ethnocentrisme et les idéologies du ressentiment qui se constituent en une réplique à une injure effective ou supposée. Qu’en est-il de la haine du psychanalyste ? Lacan voit dans l’acte suicidaire d’Empédocle le « désir pur » , désir que, pour ma part, je situerais du côté de l’analysant devenant analyste plutôt que chez l’analyste. Or, Lacan en considérant, ne fut-ce que pour un temps, ce désir pur comme l’expression d’un acte suprême nous confronte à une difficulté logique, lorsqu’il reprend à son compte cette proposition d’Empédocle : « La Genèse commence quand la haine s’accomplit. » Où la haine peut-elle s’accomplir dans l’analyse, c’est-à-dire dans le transfert ? Y a-t-il un espace pour que cette haine s’énonce ? La traiter comme un envers de l’amour ne suffit pas ; et encore moins comme la transmutation d’un amour déçu, ainsi le vil plomb se transformant en or pur. C’est pourquoi il me semble nécessaire de revenir à la formule lacanienne, « celui à qui je suppose le savoir je l’aime », b.a.-ba de la relation transférentielle. C’est l’hypothèse la plus banale, la plus courante qu’impose la situation analytique : là où il y a du transfert, il y a de l’amour. La clinique conduit à en formuler une deuxième : il y aurait des situations dans l’espace de la cure où se présenterait un suspens du transfert, un suspens du supposé-savoir, une certaine forme de désubjectivation accompagnée d’indifférence, d’inertie, la parole ne cessant alors de tourner à vide. Temps où le savoir qui est en place de la vérité connaît une éclipse . C’est alors que la jouissance de l’analysant cesse d’être réglée par la loi de la vérité - ou du savoir en place de la vérité - elle cesse d’être une limite et de se jouer de la limite pour ne plus être que jouissance de l’absence même de savoir. La haine serait-elle une jouissance de l’ignorance, une passion de l’ignorance, le refus d’interroger l’Autre ? Autant de questions qui nous permettraient d’affirmer que dans la haine il s’agit d’une destitution de destitution qui n’aboutit à rien d’autre qu’à la jouissance de l’idiot, celui qui prendrait son propre corps comme cause ultime de son désir. Enfin une troisième hypothèse s’impose : l’analysant cesse de prêter du savoir à son analyste ; il ne se retire pas du jeu, il n’interrompt pas son analyse, mais il tente de faire enfin l’expérience de la haine qu’il n’a pas pu nommer jusqu’ici visant cette part de la Chose qui aurait échappé au meurtre. On le voit chez ces analysants qui, chaque fois qu’ils éprouvent un sentiment amoureux, se raccrochent à la haine. Ils vont alors retirer à l’analyste sa part de sujet-supposé-savoir, donc de sujet qu’ils pourraient « aimer ». Désormais, leur discours tient à une proposition que je formulerai en ces termes : celui à qui je ne suppose plus du savoir, car il ne m’a pas empêché d’aimer ailleurs, je le hais. Cette proposition éclaire la question clinique que pose le surgissement de la haine dans le champ du transfert. Cet affect ne saurait être un pur et simple envers de l’amour. Pour conclure cette introduction, je rappelerai ce que Gougenheim écrivait à propos de la haine : « Le sentiment de la haine était exprimé en latin par le nom odium et le verbe odisse ; ce verbe offrait la particularité de n’exister qu’aux temps du parfait. Mais même si on lui avait restitué les temps du présent, en faisant, par exemple, un infinitif odire, il aurait eu du mal à survivre parce qu’il se serait confondu avec le verbe audire “ entendre ”. Tous deux auraient abouti à ouïr, qui aurait été accablé sous une surcharge de sens vraiment trop pesante. De toute la famille du latin odium, seul l’adjectif odiosus a subsisté. Il a été emprunté au XIVe siècle sous la forme odieux. » Ainsi, surcharger audire (entendre) par odire (haïr) reviendrait à causer de l’horreur là où le j’ouïs de l’analysant demande à l’analyste d’être, à l’instar du divin, aveugle, sourd et muet. Or n’est-ce pas ce qui a cours dans nos institutions analytiques où chacun, non content de se prendre pour Dieu, n’est occupé que par une seule crainte inavouable : celle d’entendre le collègue, tel un Dieu, le renvoyer à sa propre haine. En d’autres termes, peut-il exister une institution, capable de faire l’économie de la haine quand un seul prend la parole au nom de tous, au nom de l’amour qu’il exige de ces collègues censés n’entendre qu’une seule parole, la sienne ? Grande serait alors la tentation de se constituer en une assemblée des dieux ou en un groupe de saints dévorés par une haine inextinguible à l’endroit de tous les autres, définitivement dé-supposés d’un quelconque savoir.



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